Je marche seul dans cette ville. Les rues se succèdent, se ressemblant sans se ressembler. La lumière des vieilles lampes éclaire mes pas me frayant un chemin a travers ce dédale ténébreux qu'est cette cité. Grande, petite, je m'y perd. A force de marcher je ne sais plus ou je vais. J'en est oublié mon but, le but de cet exil. La tristesse, la haine , la mort, telles sont les pensées qui traversent ma tête quand je marche dans ce dédale. Les rues sont sombres, très sombres, je ne peut distinguer les bout de mes pieds qu'avec difficulté. Je semble m'enfoncer dans les ténèbres les plus noires. Elle me semble infinie, cette ville. Je marche depuis longtemps. Je ne me rappelle plus trop depuis quand je la parcoure, des heures, des jours, des mois, des années, peut être bien depuis le début ou bien depuis la fin...
Les étoiles, seule source de réconfort que je puisse trouver dorénavant, elles brillent d'un feu si calme, si bien que je ne puis en détacher ma vue. Obsédé par ces petits points blancs, je continue de marcher. Je me perd, je m'égard, peut être bien. Cette ville me semble infinie, tout se ressemble : les rues , les immeubles , le ciel... Chacun de mes pas me semble identique, chacun de mes pas me donne l'impression de reculer. Revenir en arrière, tel est ce que la ville me donne, reculer tout en avançant , avancer tout en reculant, je ne sais pas et ne cherche pas a le savoir. Je ne cherche rien, je marche juste...
Je vois, il me semble voir une fin, un continuum qui se termine. La folie de ces choses identiques semble toucher à sa fin. Je marche maintenant avec un but, celui de sortir de cette folie. Je me rapproche de cet horizon mais en même temps je semble m'en éloigner. Mes pas se succèdent, mes mouvement se répètent. Je reste, je m'arrête pour contempler cette fin. Une fin qui semble me prouver que la vie est bien vide. Arrivé au bout de cet interminable chemin, un spectacle de désolation s'offre à mes yeux. Rien, absolument rien, juste une étendue de roches poreuses a perte de vue, juste la continuité de l'absence de toute chose...
Marcher, encore, j'hésite finalement a m'avancer vers ce qui me parait être le néant. Plus de route, plus de lumière. Je sens cette peur, celle que l'on éprouve vers l'inconnu, le noir, le chaos. Le chaos, un mot qui semble maintenant résonner comme étant le pire des cataclysme mais aussi la pire des absences. Tout est rien et rien est tout, le chaos est a la fois la sérénité. Sérénité représentée ainsi devant moi par une plaine noir, une plaine ou nul vie ne réside. Comment affronter ce qu'on ne connais pas, ce que l'on ne peut connaître..?
Combien de temps dois-je encore marcher, l'affrontement de cette pression finira t-il un jour? Dans combien de temps? Après avoir perdu toute notion de temps j'en reviens la question humaine existentielle de la FIN. Tout fini un jour... tout? Comment en être réellement sur, comment savoir, nous ne connaissons rien, je ne connais rien. Rien de ce qui m'entoure m'est familier. Ma vie, mon but, qu'est-elle en fin de compte, une suite d'événement répertoriés dans le coin d'un subconscient..?
La folie de la solitude, la folie tout court. Elle ne vous atteint pas, nous cédons tout simplement devant l'oppression d'une force psychologique insurmontable. Je regarde ces étoiles, ont-elles un sens, ressemblent-elles à ce paysage morbide qui se répand tel un poison devant moi?
Je suis seul depuis bien longtemps, depuis toujours. Ai-je un jour connu autre présence que moi-même, ai-je un jour connu autre chose que la désolation? Comment répondre a cette question étant donné que je ne connais rien du fondement de mon existence..?
Je crois bien avoir été seul toute ma vie... Seul comme maintenant, comme toute chose. Après tout nous sommes continuellement baignez dans la solitude , constamment détruit par nos sentiments...
Je divague, je perd le contrôle de mes pensées. Je me sens m'affaiblir. Ces étoiles tournoient, si vite que le paysage semble se transformer en un noir d'une pureté macabre...
Je me perd, je m'effondre...
Seul j'ai vécu, seul je meurt maintenant...
Je porte comme seul témoignage de mon existence ces quelques phrases:
Notre monde n'a pas de sens.
Pas plus que nous, qui y vivons.
Quand nous, dont l'existence
N'a aucun sens, imaginons le
Monde, c'est la que le fait
même de savoir qu'il n'a pas
de sens n'a aucun sens n'on plus...